En cherchant quelque chose à écouter hier soir, je suis tombé sur le vinyle de Remain in Light, des Talking Heads. Les Talking Heads, c’est un peu un groupe que j’ai toujours voulu aimer. D’une part parce que Brian Eno en faisait parti, et que c’est quand même pas un rigolo de la musique. Mais aussi parce que selon beaucoup, c’est un groupe majeur des années 80, et Remain in Light un album qui revient souvent dans les classements des “meilleurs albums des années 80”.

Et pourtant, j’ai toujours trouvé ça, soit inutilement complexe et fatiguant (Born Under Punches), soit juste complètement chiant. Du coup, j’ai jamais approfondi, et à vrai dire, jamais écouté l’album en entier. JUSQU’A HIER SOIR. Et je suis tombé sur deux petites pépites, situées à la toute fin de la face 2, parce qu’il faut les mériter ces deux putains de morceaux, il faut s’être fadé l’album en entier avant. Deux morceaux qui sont Listening Wind, dont je parlerais pas ici, mais surtout, surtout, The Overload.
The Overload, c’est d’abord le vide, l’espace, le vent qui souffle, et d’un coup, sans prévenir, une basse qui te lance le bousin, suivi d’un coup de batterie sec, et de la voix grave de David Byrne qui nous colle à terre, qui nous fait remonter toute la douleur du monde dans les yeux, qui nous dit
A TERRIBLE SIGNAL
TOO WEAK TO EVEN RECOGNIZE
A GENTLE COLLAPSING
THE REMOVAL OF THE INSIDES
et qui t’oblige à ramasser tes dents en à peine plus d’une minute, et non, ça sert à rien de vouloir bouger après ça, tu peux pas, tu peux pas te relever d’un morceau comme ça, il faut du temps pour le digérer, il faut du temps pour que la procession se termine. Parce que oui, c’est un lent morceau de procession, comme peut l’être The Eternal, de Joy Division.
Et c’est là où la vie est quand même folle. Parce que la comparaison avec Joy est difficile à ne pas faire, et en ce qui me concerne, m’a sautée aux oreilles. Quatre écoutes plus tard, j’étais sur Wikipédia en train de lire que
The final track on the album, “The Overload,” was Talking Heads’ attempt to emulate the sound of British post-punk band Joy Division. The song was made despite no band member having heard the music of Joy Division; rather, it was based on an idea of what the British quartet might sound like based on descriptions in the music press.
et de me dire que les bougres avaient sacrément bien réussi leur coup. Alors ouais, Remain in Light est peut-être un peu chiant, c’est sûr, il faut lui pardonner un ou deux écueils tout en gardant en tête qu’à la fin, tout sera dit, de toute façon.